Le B A BA de l’analyse technique

Catégorie [ ATDMF ]

 

L’Analyse technique (AT) est destinée à réaliser des plus values en anticipant l’évolution des cours sur les marchés financiers.

Si dans les années 80 il était possible de se cantonner à l’analyse et à la gestion des actions françaises, actuellement les marchés financiers signifient: actions / indices / matières premières / devises / taux.

Pour réaliser des plus values, il est plus facile d’y parvenir lorsque les marchés sont volatils et que des décalages de cours violents en résultent. Cette augmentation de la volatilité est due essentiellement au développement des moyens de communication. Les outils informatiques continueront de se développer et ainsi l’information continuera encore à se propager de plus en plus rapidement.

Avec ce constat, il est illusoire de vouloir utiliser les indicateurs classiques de l’analyse technique (ceux que l’on trouve dans des ouvrages sous forme de dictionnaire publiés il y a 20 ans ou plus et réédités sans mise à jour et enseignés dans la quasi totalité des formations)

Cette situation n’est pas nouvelle. Il y a une vingtaine d’années dans La Tribune, un journaliste avait analysé les cinquante indicateurs les plus populaires et était parvenu à la conclusion qu’aucun d’entre eux ne permettait de réaliser des plus values (test du CAC sur une base quotidienne pendant une vingtaine d’années).

Pour vous en convaincre, regardez le comportement du stochastique sur une base hebdomadaire sur le WTI. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas de corrélation entre le comportement de l’indicateur et du marché. C’est fâcheux puisque la quasi-totalité des AT s’appuie sur cet indicateur pour réaliser leurs analyses.

Puisque depuis 1980 le comportement des prix des actifs financiers s’est modifié, il est indispensable de mettre à jour l’approche de l’AT.

Ces modifications portent sur deux aspects : la lecture des indicateurs classiques et l’ajout d’indicateurs de volatilité d’une part et  l’addition d’une méthodologie d’autre part (si l’AT était une approche nouvelle, il aurait été judicieux de commencer par une méthodologie).

Lecture des indicateurs classiques: reprenons l’exemple du stochastique qui peut fluctuer de 0 à 100 alors que les auteurs parlent d’un état survendu pour une lecture au-dessous de 30 ou 20 et d’un état suracheté au-dessus de 70 ou 80. Il n’est jamais mentionné que cet indicateur est le moins mauvais dans un marché sans tendance et que dans un marché avec une forte tendance il donne de précieux renseignements sans pouvoir être utilisé pour sortir de position. Son aptitude à renseigner sur la puissance à venir d’un mouvement n’est jamais mentionnée. Un autre exemple encore significatif est l’utilisation absurde des moyennes mobiles. Elles sont utilisées pour valider un signal de hausse ou de baisse. Statistiquement, en utilisant des moyennes optimisées pour un produit donné, il est impossible de réaliser des plus values.

Une utilisation du stochastique comme indicateur principal d’un marché sans tendance donne des résultats fiables (c’est stupide de prendre position dans ce type de marché et ce n’est donc pas ce que l’on demande à cet indicateur) et la lecture de la validation d’un non-croisement permet d’anticiper un mouvement puissant. En ce qui concerne les moyennes mobiles, leur utilisation en tant qu’outil d’anticipation est d’une précision inégalée quelle que soit la puissance du mouvement à venir.

Lorsque la quasi totalité des indicateurs techniques a été mise au point et vulgarisée au début des années 80, une forte volatilité était limitée à quelques matières premières. Ceci explique l’absence d’indicateurs pour l’anticiper et en tirer profit. Actuellement, la mesure du potentiel de hausse de la volatilité est incontestablement le meilleur anticipateur  de décalage des cours. L’ATDMF fournit différents outils pour effectuer ce travail.

Méthodologie : au début des années 30, Elliott est le premier à proposer une méthode pour anticiper le comportement des cours. Actuellement, en dehors de l’ATDMF, il n’existe pas d’autre méthode globale (tous actifs financiers, sur toutes unités de temps : prévisions comprises entre quelques minutes et plusieurs années). C’est le problème majeur de l’AT aujourd’hui, tant que l’Indicateur Unique ne sera pas découvert. Comme l’utilisation d’un seul indicateur existant n’est pas suffisant, il convient de combiner l’utilisation de plusieurs d’entre eux. Avec un graphique hebdomadaire du WTI sur les douze derniers mois, l’utilisation du stochastique donne des résultats décevants. Si l’analyste ajoute un MACD, les résultats de l’analyse sont améliorés. En ajoutant une lecture dynamique (différentes unités de temps) puis une prise en compte de la volatilité, il devient aisé de réaliser une plus value impressionnante.

Le rôle de l’analyste technique ne consiste pas à mettre au point une méthode (ceci demande des compétences en théorie de l’organisation, statistiques et pratique de la gestion) mais de connaitre intimement le comportement des outils utilisés, leurs interactions, leurs domaines d’efficacité, leurs potentiels d’anticipation, la priorité des uns par rapport aux autres ainsi que l’ensemble des règles de fonctionnement du système (par exemple, rôle des IEP / IEN en ATDMF) .

Deux rappels sur l’utilisation des systèmes doivent être précisés: faire l’impasse ou en ajoutant / modifiant un composant revient à créer un autre système. Ainsi les performances initiales ne peuvent plus être assurées. Par exemple, dans  la méthode d’Elliott, il existe deux décomptes complémentaires: un en amplitude et un autre en durée. Le décompte en durée est très contraignant. Pour cette raison, depuis un quinzaine d’années ce décompte n’est jamais pris en compte. Si cet analyste est un particulier, il est libre de faire ce qu’il lui plait pour prendre ses propres positions. Le second rappel concerne la solidité du système: dans quelles conditions est-il utilisable? En d’autres termes, fonctionne t’il aussi  bien quelles que soient les unités de temps considérées. En règle générale les problèmes se posent lorsqu’il s’agit de réaliser des prévisions sur des durées de quelques minutes ou dizaines de minutes.

Un dernier  point qu’il est presque honteux de devoir mentionner : pour réaliser des plus values et pour que l’AT ne reste pas un « paper game » il est nécessaire de pouvoir faire des anticipations en durée et éventuellement en amplitude.

 

Philippe Cahen, 5/01/2015